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Pendant le rut, l’auteur recherche sur sa carte les secteurs de nourriture où se tiennent les femelles, soit les perturbations naturelles et humaines comme les brûlés, les chablis et les bûchés. Il recherche aussi les montagnes de feuillus en bordure des forêts de conifères ou des forêts mixtes. Lors du post-rut, qui tombe normalement dans la période de chasse à la carabine dans plusieurs zones, il recherche les endroits où il reste des feuilles vertes à manger. Les forêts mixtes représentent l’un des plus beaux endroits où l’on peut retrouver ces feuilles. |
Je commence par choisir le territoire où je vais me diriger avec l’aide de ma carte écoforestière. Il est essentiel de tenir compte de la direction du vent dominant dans le choix de notre secteur et de toujours prévoir marcher face au vent. Mais qu’est-ce que je dois rechercher exactement sur cette carte?
Pendant le rut, je recherche sur ma carte les secteurs de nourriture où se tiennent les femelles, soit les perturbations naturelles et humaines, comme les brûlés, les chablis et les bûchés. Je recherche aussi les montagnes de feuillus en bordure des forêts de conifères ou des forêts mixtes. Lors du post-rut, qui tombe normalement dans la période de chasse à la carabine dans plusieurs zones, je recherche les endroits où il reste des feuilles vertes à manger. Par exemple, les forêts mixtes représentent l’un des plus beaux endroits où l’on peut retrouver ces feuilles. L’analyse d’une carte écoforestière est importante, car elle sauve beaucoup de temps. Avec l’aide de la carte, c’est plus facile de repérer les indices qui nous conduisent aux orignaux plutôt que de marcher pendant deux jours à la recherche de ceux-ci.
Donc, dès que j’ai repéré leur site nourricier grâce aux cartes écoforestières, c’est à ce moment que ma chasse de prospection commence. Je peux me rendre immédiatement à un point précis sur le terrain où le gibier a de grandes chances d’être présent. Lors de mon trajet en voiture vers mon site, ou quelquefois directement au camp avant de partir, je réchauffe mes cordes vocales avec des exercices simples. Car lorsqu’on pratique l’appel pendant une journée complète, c’est important de bien se réchauffer pour ne pas endommager ses cordes vocales. À ce sujet, je vous invite à lire l’article Orignal : ne perdez pas la voix dans le présent magazine pour en apprendre plus sur le fonctionnement et l’échauffement des cordes vocales.
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La chasse à l’orignal en équipe de deux est très profitable. Le premier chasseur demeure à l’avant-plan, tandis que celui qui calle s’éloigne pour faire passer l’orignal près du premier chasseur. De cette façon, l’orignal se montrera beaucoup moins méfiant et approchera plus vite vers le chasseur. |
Il est inutile de se présenter de noirceur au site. J’arrive à mon secteur à l’heure légale de chasse. Je quitte ma voiture, je fais environ 200 pieds et je commence immédiatement mes séquences d’appels de la femelle non réceptive et du petit mâle. Tout en continuant l’appel, je marche sur une distance de 50 à 100 pieds, j’arrête et j’écoute pendant une à deux minutes. C’est très important de s’arrêter, car lorsque j’appelle en marchant, si un mâle me répond ou s’il se dirige vers moi, il est fort possible que je ne l’entende pas si je me déplace. Est-ce que je marche toujours sur des distances allant de 50 à 100 pieds avant de m’immobiliser? La réponse est non. Si je traverse une forêt de conifères d’une quinzaine de pieds de hauteur dans laquelle la vision est absolument nulle, il est fort possible que je la traverse en entier avant de m’arrêter, et ce, sans faire d’appels. Il n’y a aucun avantage à essayer de repérer un mâle et de l’affronter dans ces conditions exécrables. Autrement, je calle pratiquement sans interruption, car ceux qui ont déjà entendu une femelle utiliser le cri de protestation savent qu’elle l’emploie sans arrêt pour éloigner un mâle importun qui rôde autour d’elle.
De plus, il ne faut pas avoir peur de casser des branches en se déplaçant, car un ou deux orignaux circulant en forêt provoquent beaucoup plus de bruit qu’un pauvre petit lièvre se promenant dans un sous-bois. C’est donc normal qu’on soit tapageur! Je prends quelquefois des pauses plus longues qu’une minute ou deux. Ça ne pose pas de problème.
Si l’on entend un mâle nous répondre et que sa femelle tente de le retenir, il faut continuer à caller sans arrêt afin de l’inciter à quitter sa femelle pour nous rejoindre. S’il ne vient pas à nous, sa réponse nous a au moins permis de le repérer et d’aller le provoquer dans sa cachette, en imitant le petit ou le moyen mâle.
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L’auteur (à droite sur la photo) avec son orignal muni d’un panache d’une cinquantaine de pouces. L’animal a été récolté grâce à l’utilisation du call de la femelle non réceptive. Cet appel est l’un des six calls de base à connaître selon l’auteur pour améliorer nos chances de succès lors de nos expéditions de chasse. |
Si vous êtes deux chasseurs dans le même territoire, il existe une excellente technique pour chasser ensemble. Pour rendre la scène encore plus réaliste, l’un des deux chasseurs imite la femelle tandis que l’autre reproduit un petit mâle. Les chasseurs peuvent s’éloigner l’un de l’autre de temps en temps pour se rapprocher un peu plus loin. Ce scénario reproduit alors le comportement exact d’une femelle et d’un mâle orignal qui se déplacent en forêt. Le stratège peut donner d’excellents résultats. C’est ma technique de chasse préférée. Elle est la plus amusante et elle nous donne souvent de fortes doses d’émotions.
En plus du fait qu’il est plaisant de chasser en équipe, cette technique comporte un autre avantage. La plupart des gens savent qu’un orignal arrive toujours de face sur l’appel et non de côté. À l’arc ou à l’arbalète, c’est souvent problématique car on ne peut pas tirer, même si l’orignal est à 10 pieds de notre position. Cependant, si nous sommes deux chasseurs et que nous sommes installés au sol, l’un des chasseurs s’immobilise tandis que l’autre se déplace de 50 à 100 pieds en exécutant le call du mâle ou en effectuant du rattling, ou encore les deux. L’orignal continuera alors sa trajectoire vers le chasseur qui se déplace, offrant à l’autre chasseur la possibilité d’un tir propre, sur une cible parfaitement de côté. Croyez-moi, c’est très efficace puisque j’ai eu la joie de l’expérimenter.
Lorsqu’on calle, il se peut qu’après plusieurs minutes, ou même des heures à appeler, aucun mâle ne réponde. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’il n’y en a pas dans ce territoire. S’il y a des indices frais, il faut toujours persévérer et continuer à appeler. Quelquefois, il peut s’écouler quatre à cinq jours avant qu’un mâle se présente. Par contre, après une journée de marche dans mon secteur, si je n’ai eu aucune réponse, et qu’en plus je ne vois aucun signe fraide la présence des orignaux, c’est à ce moment qu’il est intéressant d’avoir plus qu’un secteur de chasse. Le soir, après la chasse, j’analyse ma carte à nouveau pour repérer un deuxième territoire ayant du potentiel. Et je m’y dirige dès le lendemain pour recommencer le même scénario de chasse.
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