| |
J’utilise fréquemment mon appel de base, l’appel de la femelle non réceptive, avec une technique que je nomme la chasse de prospection. Généralement, lorsqu’on explore notre territoire à la recherche de traces ou d’orignaux, on se fie pratiquement juste à notre vision. Cette habitude limite cependant les possibilités de détecter le gibier. Si l’on est dans un secteur où le champ de vision est limité, comme en pleine forêt ou dans un chablis, nos chances de repérer visuellement un orignal sont limitées. On doit alors se contenter de regarder par terre à la recherche de traces ou de branches cassées. Cependant, en ajoutant l’appel comme arme, celui-ci résonne sur une grande superficie, y compris dans des secteurs où l’on ne voit pas et qu’on ne couvrirait pas non plus en marchant. Donc, en pratiquant la chasse de prospection, je tire profit de l’ouïe de l’orignal qui risque de répondre à mes appels à tout moment. Par le fait même, j’agrandis le territoire couvert. Il est toujours préférable d’appeler dans les endroits les plus élevés de notre secteur pour que l’appel retentisse le plus loin possible.
Si l’on chasse dans une cache, le call de la femelle non réceptive peut également très bien fonctionner. En se rendant à la cache, on calle un peu. Lorsqu’on approche de la cache, on intensifie les appels. Il n’y a aucun problème à appeler dans la cache, sauf que si un orignal se manifeste, il est préférable de descendre au sol. L’appel de protestation peut aussi être fait sans arrêt, car les orignaux sont habitués de l’entendre en forêt. Une femelle peut l’exécuter à plusieurs reprises pour faire passer son message et décourager le mâle qui la talonne. C’est facile de comprendre l’insistance des mâles auprès des femelles. Quand ils ont l’occasion de s’accoupler seulement quelques fois par année, c’est normal qu’ils ne capitulent pas du premier coup! Même si un orignal ne se manifeste pas immédiatement, à la longue, cet appel peut finir par en provoquer un.
|