Édition Automne 2008
Volume 16 no 3

Par Martin Ménard

Pêche à la traîne :
à quelle profondeur vont vos leurres?
540 heures de test


Avez-vous déjà pêché à la traîne en vous demandant quelle pouvait bien être la profondeur de nage exacte de votre leurre? Vous êtes-vous déjà interrogé sur la profondeur à laquelle irait votre leurre si vous laissiez plus de fil? Quel serait l’impact de sa profondeur si vous accélériez ou si vous utilisiez un fil au diamètre plus fin? Nous sommes plusieurs à nous être posé ces questions. Voici des réponses.



 
L

es réponses que vous retrouverez dans ce magazine proviennent des résultats de tests exclusifs portant sur la profondeur de nage de certains leurres. Ces tests ont été réalisés directement sous l’eau par des plongeurs de l’équipe d’Aventure Chasse & Pêche et ont nécessité une somme colossale de travail.

Pourquoi un tel article? Simplement parce que l’une des bases fondamentales de la pêche consiste à présenter un leurre à la profondeur où se trouve le poisson. Si le poisson est collé au fond dans 30 pieds de profondeur et que notre leurre évolue à 10 pieds sous la surface, les chances de capture deviennent particulièrement minces et presque nulles si l’eau est foncée ou si le poisson est inactif. Et les exemples de pêcheurs qui ont fait chou blanc à cause d’une présentation à la mauvaise profondeur sont très nombreux. J’en ai personnellement vécu plusieurs et j’ai été témoin de nombreux autres exemples. Sans contredit, mon exemple le plus classique est survenu lors de mon premier voyage de pêche au touladi. Rien de moins que le réservoir Caniapiscau, dans le Grand Nord québécois. Vous savez ce genre de voyage de rêve à 2500 $? Durant toute la semaine, nous pêchions à la traîne avec un guide et ce dernier nous avait donné la consigne d’utiliser de grosses cuillères évoluant à faible profondeur. À l’époque, j’en étais à mes débuts comme pêcheur, j’écoutais encore les consignes... La pêche n’était pas facile et, même si le secteur était renommé, nos captures étaient très limitées. Le guide nous promenait d’un endroit à l’autre dans sa grosse chaloupe, un peu comme si nous étions dans la carriole du père Noël! Il nous disait que les grises avaient bougé et qu’il fallait « les trouver ». Lors de la dernière matinée, nous pêchions non loin d’une autre chaloupe.

Ces pêcheurs n’avaient pas retenu les services du pourvoyeur et ils avaient amené leur propre embarcation (23 heures de route!). Croyez-le ou non, pendant que nous ne prenions aucun poisson, ils nous ont fait le coup de sortir une première, une deuxième, une troisième et une quatrième truite grise en plein devant nos yeux incrédules. Leur dernière prise était même une solide bestiole frôlant les 32 livres! C’en était trop, la marmite venait de déborder. Alors, même si cela a égratigné l’orgueil du guide, j’ai demandé aux pêcheurs de venir nous montrer avec quels leurres ils pêchaient. Stupéfaction! C’était les mêmes leurres que nous! À la différence qu’ils avaient ajouté des plombs un peu plus haut sur leur ligne... Nous avons illico copié le concept, ce qui nous a permis de connaître une fin de voyage tout simplement spectaculaire, avec quelques touladis-trophées (20 livres et plus). Contrairement à ce que notre guide pensait, les grises n’étaient pas disparues; elles étaient simplement plus profondes… 

Morale de cette histoire : la présentation verticale est extrêmement importante. Il faut donc être précis concernant le positionnement de son offrande dans la colonne d’eau. Mais c’est exactement là que la situation se corse. À quelle profondeur le leurre que vous utilisez descend-il vraiment? Cinq, dix, quinze, trente pieds? Si vous ajoutez une pesée de plomb devant l’un de vos poissons-nageurs, ira-t-il plus creux? Si oui, de combien?