Édition été 2009
Volume 17 no 2

Territoire public à vendre : rêve ou arnaque?
Par Louis Turbide


 

Vous l’aurez compris, je suis un adepte de l’électronique. J’ai mon petit laboratoire portatif comprenant divers instruments, mais sans questionnement aucun, mon appareil le plus précieux demeure le sonar. J’aime garder un œil sur lui, car les données qu’il me fournit sont parfois cruciales. Au fil du temps, j’ai essayé et testé différents sonars ainsi que tous les paramètres présents dans leurs menus afin d’obtenir les réglages optimaux. Or, un beau jour, après une journée de pêche plutôt tranquille, j’ai fixé l’écran et je me suis dit : « C’est bien beau tout ça, mais il reste que l’écran est en deux dimensions et la sonde, elle, voit en trois dimensions. » À ce moment précis, j’ai compris que la transformation des données entre la sonde et l’écran du sonar devait forcément engendrer une marge d’erreur dans l’affichage des résultats. Par exemple, je regarde mon écran de sonar et je vois deux poissons en suspension au-dessus d’une roche au fond de l’eau. Les deux poissons et la roche sont indiqués comme étant l’un au-dessus de l’autre. Mais sachant qu’une sonde de 60 degrés peut couvrir une surface très large, qui me dit qu’en réalité, l’un des poissons n’est pas 30 pieds à gauche de l’embarcation, l’autre complètement à droite et la roche exactement au centre? Et d’ailleurs, comment fait le sonar pour savoir que ce sont réellement des poissons?

La forte progression des cheptels d’orignaux dans certains secteurs du Québec fait la joie de tous les chasseurs mais en contrepartie, cela engendre des situations telles que décriées dans cet article. En aucun temps, l’accessibilité à des territoires de chasse sur des terres publiques ne devrait être une affaire d’argent, mais la réalité est tout autre. Le Ministère devrait en prendre bonne note et suivre ce dossier de près. De plus, il faut être conscient que chasser sur les terres publiques est un droit qu’ont tous les chasseurs. Mais c’est aussi un privilège qu’il faut mériter en partageant ce territoire de façon civilisée, quels que soient nos intérêts en jeu.