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Super succès - Le couronnement d’un rêve

Par Jean-Pierre Hotton

Réussir un grand chelem n’arrive pas tous les ans dans la vie d’un chasseur! Un grand chelem, c’est le rêve de tout passionné de chasse! C’est la fierté d’avoir déjoué la bête, c’est la récompense pour les efforts et le travail fournis à préparer les sites de chasse. Grand chelem rime également avec patience, avec détermination face aux sautes d'humeur de Dame Nature et avec art d’appliquer les connaissances de l’animal acquises au fil des ans. Derrière tout succès, quel qu’il soit, se cache une équipe, car le travail de préparation ne se fait pas tout seul. L’effort de chacun, la bonne humeur et l’esprit positif, le fait d’être au même diapason font en sorte que nous vivons des expériences palpitantes de chasse à l’orignal et au chevreuil. C’est à partir de ces aventures et de mes réflexions que m’est venue l’idée de tenter de réaliser un grand chelem. La saison 2008, premier automne de ma retraite, restera à jamais gravée dans ma mémoire de chasseur. Voici le récit d’une saison de chasse fascinante, couronnée de succès!

Mon ours

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Mon compagnon de chasse à l’ours, Nelson, et moi étions aussi curieux l’un que l’autre de voir quelle nourriture tenterait notre ami Yogi. Nous avons installé, à l’endroit même où nous faisions le guet, deux barils que 150 pieds séparaient l’un de l’autre. Le premier contenait du poisson, mets prisé par l’ours, l’autre, des pâtisseries. Pendant que Nelson était en mer à la pêche au crabe, j’attendais patiemment tous les jours que notre invité se mette à table. Il s’est finalement présenté le 27 juin 2008. Je m’étais confortablement installé pour faire le guet. Une bonne heure après mon arrivée, j’ai aperçu un ours qui se dirigeait vers le baril de poisson. Rendu à ce dernier, quelque peu hésitant, sans doute parce qu’il avait flairé l’odeur du sucre, il s’est laissé tenter par le baril de pâtisseries. Il s’est levé et il a appuyé ses deux pattes avant sur le dessus du baril. L’occasion était trop belle! Après avoir mis ma caméra en marche, j’ai épaulé et j’ai fait feu, atteignant l’animal aux poumons. Il est parti à la course et il s’est écroulé à une centaine de pieds de moi. C’était un mâle de deux ans et demi. J’avais ma première prise!

Mon orignal

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Mes compagnons de chasse, Jeannot, Serge, Réjean, Carole, et moi amorcions notre saison avec enthousiasme, car depuis quelques années, la chance nous sourit. Toute l’action s’est déroulée l'après-midi du mercredi 1er octobre 2008, vers 17 h 20. Après avoir fait plusieurs séances d’appels de la femelle sans résultat, j’ai décidé de faire du rattling dans le sentier juste en face de ma cache. Après un aller-retour à imiter le cri du mâle et à jouer avec ma palette de bois dans les arbustes, je n’entendais toujours pas de signes évidents de la présence d’un mâle à proximité. Avant de regagner ma cache, j’ai pris mon cornet et j’ai lancé deux appels de femelle assez fortement et je me suis assis. J’ai alors décidé de lancer deux autres appels. Immédiatement après le second appel, un mâle m’a répondu. Il se dirigeait vers moi dans des fracas de chicots entremêlés de beuglements. L’adrénaline montait! Tout à coup, plus rien! J’ai alors lancé un bref cri plaintif. J’ai entendu un craquement non loin d’où j’étais. Je me suis tourné et j’ai aperçu la bête à travers les branches; le mâle se dirigeait directement vers moi, à pas lents. Il sentait le sol continuellement. Je l’ai laissé approcher à environ 30 pieds de ma position, j’ai pris mon arbalète et j’ai décoché une flèche qui a atteint le mâle aux poumons. Il est aussitôt parti au galop; il s’est arrêté à une centaine de pieds, il a fait quelques pas et il s’est écroulé. La joie de l’équipe était à son comble. Je venais de récolter ma seconde prise.

Mon chevreuil

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Depuis les dernières années, je chasse le chevreuil avec ma conjointe, Carole, mon ami Réjean et sa conjointe, Mélanie. Après une première fin de semaine fructueuse pour Réjean et Mélanie qui avaient récolté un beau huit pointes, après les agacements d’usage parce que Carole et moi revenions bredouilles, je leur ai fait remarquer que notre tour allait venir, que nous étions patients. J’ai dû attendre jusqu’au vendredi 7 novembre 2008 en après-midi avant qu’un mâle se pointe. Le matin, je me suis plu à observer cinq femelles au site d’appâts. Vingt minutes plus tard, elles se sont enfuies dans toutes les directions et de façon précipitée. J’ai alors pensé que deux visiteurs avaient pu les déranger : un coyote ou un mâle. J’étais très attentif et j’observais, mais je n’ai aperçu aucun visiteur mâle de l’avant-midi. J’étais tout de même confiant! Vers 15 h 30, les femelles sont revenues et le même manège s’est produit. Je me suis dit qu’il y avait certes un mâle qui rôdait dans les environs. Au même moment, j’ai aperçu un panache juste au-dessus des petits sapins. Il se dirigeait directement aux pommes, sûr de lui, sans aucune nervosité. J’avais ma troisième prise dans la croix de mon télescope. J’ai miré le cou de l’animal et j’ai appuyé sur la gâchette. Le mâle s’est écroulé sur place, dans les pommes. J’étais fort heureux après une semaine de patience et d’attente. À ce moment-là, j’ai réalisé que j’avais un grand chelem à ma portée.

Mon caribou

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C’est sur le territoire de la Baie-James, à la pourvoirie Kiskimaastakin, que j’ai chassé le caribou le 27 novembre 2008 en compagnie de Roger, Sylvain et Richard. Après avoir parcouru quelques kilomètres, nous avons aperçu une dizaine de caribous sur un lac et, parmi eux, j’ai repéré un mâle de taille respectable que j’ai abattu du premier coup. Ma joie était à son comble : je bouclais la boucle! J’avais réussi mon grand chelem! À la fin de cette première journée de chasse, chacun avait abattu son caribou. Le lendemain, nous avons dû rouler plusieurs kilomètres avant d’apercevoir des caribous. La majorité de ces bêtes étaient des femelles et des veaux. Nous avons donc décidé d’attendre et de faire durer le plaisir et notre décision s’est avérée la bonne. À notre troisième journée, nous avons repéré une vingtaine de bêtes dans une espèce d’abattis; ils venaient dans notre direction. Je me suis alors dit : « V’là ta chance! » J’ai remarqué un mâle de taille intéressante et je ne l’ai pas quitté des yeux jusqu’au moment de faire feu. Il s’est écroulé instantanément.

Quelle saison 2008! Quelle sensation et quelles émotions!