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Comment se portent nos gibiers au Québec

Source : Danielle St-Pierre - Direction de la faune terrestre et de l'avifaune

Orignalphoto
La situation de l’orignal au Québec n’a jamais été aussi bonne qu’actuellement. Les populations d’orignaux connaissent une période d’abondance sans précédent. Le cheptel, estimé à près de 120 000 orignaux (après chasse), a plus que doublé en l’espace de 15 ans. Les plans de gestion précédents en instaurant le principe de l’alternance (chasse sélective des femelles adultes une année sur deux) ont permis la croissance des populations, qui affichaient alors, depuis quelques années, des niveaux de faible abondance. Au Québec, les niveaux d’abondance des orignaux permettent de grandes opportunités de chasse. La récolte annuelle d’orignaux par la chasse atteint maintenant des niveaux records, soit près de 28 000 orignaux durant les années permissives où les mâles, les femelles et les faons sont autorisés. Le Ministère considère que la récolte est proche du niveau optimal dans plusieurs régions. Avec plus de 178 000 permis de chasse à l’orignal vendus en 2011, le nombre de chasseurs d’orignaux ne cessent d’atteindre des niveaux inégalés par le passé. Les niveaux élevés de récolte et de succès de chasse semblent inciter plusieurs chasseurs à profiter de la qualité de chasse offerte.

Cerf de Virginie
La récolte de cette année (58 060) se situe tout près de la récolte moyenne observée depuis le début des années 2000, cette période correspondant aux plus belles années de la chasse au cerf de Virginie au Québec. L’abondance des populations de cerfs, dans le nord de l’aire de répartition de l’espèce, est fortement influencée par la rigueur des hivers, d’où les niveaux de récoltes très variables. Le début des années 2000 a été marqué par une croissance progressive des récoltes, résultats d’hivers cléments et de modalités de chasse en vigueur. Les hivers rigoureux des années 2008 et 2009 ont par la suite mené à une mortalité importante de la plupart des cheptels de cerfs au Québec. Depuis, les hivers cléments et les modalités d’exploitation en vigueur ont permis aux populations de se redresser. Par ailleurs, le Ministère a mis en place, au cours des dernières années, des modalités de chasse visant à réduire les densités de cerfs en Estrie et en Montérégie afin de respecter la capacité de l’habitat. Ainsi, les modalités d’exploitation instaurées dans les zones de chasse du sud du Québec, notamment par l’émission de permis de cerfs sans bois, ont permis de poursuivre, lors de la saison 2012, les objectifs du plan de gestion et de contribuer à une exploitation durable du cerf de Virginie.

Ours noir
L’ours noir est présent un peu partout au Québec. Animal opportuniste, il fréquente une très grande diversité d’habitats et profite bien de la richesse des forêts en régénération pour le couvert et la nourriture. Malgré l’absence d’un programme d’inventaire, tout semble indiquer que les populations d’ours noirs sont globalement en augmentation depuis 1998 pour atteindre aujourd’hui près de 80 000 individus. Moins prisé que l’orignal et le cerf de Virginie, l’ours noir n’en est pas moins une espèce recherchée par les chasseurs et les piégeurs. Le prélèvement s’effectue principalement le printemps pour une récolte de 5 000 ours bon an mal an. Les interactions entre les humains et l’ours noir ont augmenté depuis quelques années dans certaines régions du Québec. Les facteurs qui peuvent expliquer cette augmentation sont nombreux, mais nous ne pouvons pas identifier lesquels sont les plus importants. L’augmentation de la présence de l’homme en milieu forestier ainsi que l’apparition et le développement de secteurs habités sont certainement des causes directes de ce phénomène. Il se pourrait aussi que l’abondance de l’ours noir ait augmenté au cours des dernières années à cause d’une plus grande productivité des femelles et de l’adoption de modalités de gestion plus restrictives.

Dindon sauvage
Les populations de dindon sauvage sont en expansion depuis une trentaine d’années au Québec. Ce sont des animaux avec de bonnes capacités de déplacement (quelques dizaines de kilomètres annuellement) et il est actuellement difficile de prévoir où s’arrêtera la progression naturelle de cette espèce. Actuellement les populations sont abondantes dans le sud du Québec et nous invitons les chasseurs à découvrir cette nouvelle activité au Québec (» 14 000 personnes certifiées; en 2012 - 6 500 permis vendus, 2 000 dindons récoltés). La chasse s’effectue au printemps. En 2013, la saison de chasse débutera le 3 mai (12-22 jours selon la zone).

Caribou migrateur
La taille du troupeau Rivière-George (TRG) a été estimée à 823 000 caribous en 1993 et à 385 000 en 2001. En 2010, on dénombrait 74 000 caribous et 27 600 en 2012. Cette diminution est extrêmement préoccupante. La chasse sportive sur le TRG a été restreinte dès 2011-2012 et interdite en 2012-2013. Le suivi des indicateurs biologiques (survie des adultes, recrutement, utilisation de l’espace) se poursuit  afin d’identifier les causes potentielles du déclin du TRG. Les raisons du déclin pourraient être multiples : détérioration de certains habitats critiques comme les aires de mise bas par le broutement et le piétinement, prédation, prélèvement par la chasse, maladies, parasites et impacts du développement du territoire.

La taille du troupeau Rivière-aux-Feuilles était estimée à environ 650 000 en 2001 et, lors du dernier inventaire effectué en 2011, à 430 000 caribous. Le suivi à long terme des indicateurs biologiques (recrutement et survie) suggère une stabilisation de la population au cours des trois dernières années. Par souci de précaution, des mesures restrictives pour la chasse sportive ont été adoptées en 2011-2012 et maintenues en 2012-2013. Les modalités de chasse sportive du TRAF pour la saison 2013-2014 et 2014-2015 seront annoncées prochainement par le ministre.

Petit gibier
Les titulaires d’un permis de chasse au petit gibier ont la possibilité de chasser 28 espèces fauniques au Québec qui se répartissent de la façon suivante : 20 espèces de gibier à plume ou d’oiseaux (perdrix, gélinottes, tétras, lagopèdes, etc.) et 8 mammifères (lièvres, lapins à queue blanche, marmottes, etc.) dont 4 espèces considérées comme des animaux à fourrure (loups, coyotes, ratons laveur et les renards). Selon la zone de chasse et l’espèce ciblée, la période autorisée pour cette activité s’échelonne du 25 août 2012 (au plus tôt) jusqu’au 30 avril (au plus tard), mais certaines espèces sont permises durant toute l’année (pigeon et marmotte) ou presque (oiseaux noirs). Conformément à ces aspects réglementaires, différents engins sont autorisés pour cette activité, tels l’arme à feu (carabine et fusil de différents calibres), l’arc, l’arbalète et même la carabine à air comprimé (vélocité >150 mètres/seconde).

Dans l’ensemble, les espèces de petit gibier sont abondantes au Québec mais des problèmes sont appréhendés dans certains secteurs situés dans le sud du Québec où la perte d’habitats (étalement urbain, déboisement, etc.) y est plus importante et le milieu bien fréquentée. À l’heure actuelle, ce n’est pas la ressource (ou l’offre) qui est la plus mal en point, mais bien la pratique de l’activité (ou demande) elle-même qui souffre d’une désaffection de la clientèle. Devant le déclin drastique de 150 000 chasseurs résidents de petit gibier depuis près de 25 ans, les chasseurs de petit gibier (au nombre approximatif de 175 000 en 2012) sous-exploitent la plupart des espèces de petits gibiers par rapport au potentiel de récolte au Québec. Présentement, un plan de gestion est mis en œuvre par le secteur Faune afin de restaurer la popularité de cette chasse et d’assurer l’acquisition de connaissances de certaines populations exploitées, notamment : la gélinotte huppée, le lièvre d’Amérique, le tétras du Canada et la perdrix grise.