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Le couteau

Par Michel Bélanger

photo L’histoire du couteau est marquée d’une longue évolution passant de la première lame de silex jusqu’aux couteaux modernes d’aujourd’hui. Le couteau a su traverser les siècles d’évolution de l’homme en étant un compagnon fidèle, soit comme outil efficace ou comme arme redoutable.

Le chasseur d’aujourd’hui dépouille et dépèce son gibier comme le faisaient les hommes du Neandertal ou les australopithèques au début de la création. Le couteau est un trait d’union entre les époques et les civilisations du monde entier. À certaines époques, porter un couteau donnait un certain prestige et contribuait à afficher son rang selon l’apparence et la finition de qualité du couteau. Il servait également d’arme de défense dans de nombreuses occasions. Les Gaulois en portaient un petit dans un étui en cuir qu’ils utilisaient également à la table car le couteau de table est apparu seulement à la fin du 15e siècle.

Évolution des matériaux
Au tout début de l’usage de cet instrument, le cuivre fut utilisé pour la confection des lames mais très vite on lui ajouta de l’étain ce qui donna naissance au bronze utilisé durant la période d’évolution appelée : l’Âge de bronze. La dureté et la résistance en étaient fortement améliorées.

Plus tard, on découvrit le fer et ce fut le début du travail de forge qui permit d’améliorer les qualités essentielles des couteaux. On créa alors des aciers offrant de plus grandes possibilités en terme de résistance au bris, à l’usure et à l’oxydation même si on était encore loin de l’acier inoxydable.

Le couteau d’aujourd’hui
Les amateurs de plein air, qu’ils soient randonneurs, plongeurs, campeurs, pêcheurs, chasseurs ou autres, ont à peu près tous leur couteau préféré adapté à leurs besoins. Que ce soit le couteau droit ou le modèle pliant de plus en plus populaire, il servira principalement d’outil pour couper un cordage ou des bouts de bois, découper de la nourriture, préparer son poisson ou éviscérer un animal lors de la chasse.

L’achat du couteau se fait dans les magasins de sports, les boutiques de chasse et pêche, dans certains magasins à grande surface et dans des boutiques spécialisées. Certains recherchent un couteau peu dispendieux entre 20 $ et 60 $, d’autres vont exiger une plus grande qualité dans des marques connues (Buck, Browning, Puma, Gerber) et se fier aux conseils des vendeurs, d’un compagnon de chasse ou du beau-frère qui se dit expert. Ils sont disposés à débourser des sommes variant de 80 $ à 200 $ pour cet objet dont ils seront fiers et conserveront précieusement toute leur vie.

Composition de la lame du couteau
Peu de gens se soucient des matériaux entrant dans la fabrication des lames, de leur dureté, leur souplesse, leur résistance à l’usure et à la corrosion. Ils s’achètent un bon couteau en acier inoxydable identifié stainless et ne s’inquiètent pas beaucoup pour les autres particularités. Il faut au moins 13 % de chrome pour être considéré stainless. Toutefois cela ne veut pas dire qu’il ne rouillera jamais s’il est soumis très longtemps à de mauvaises conditions d’humidité.

Il existe de nombreux types d’aciers utilisés dans la fabrication des lames de qualité inoxydables. Pour n’en citer que quelques-uns : le 420HC, les 440 A,B,et C, le ATS34, le 154CM et le AUS8.

Le 420HC (high carbon) a été utilisé pour plusieurs couteaux de la compagnie Buck. Il contient 0,46% de carbone, 13% de chrome, 0,4% de manganèse et 0,4% de silicium. Le carbone assure la dureté mais il dépasse très rarement 1,5% car la lame devient trop cassante. Même si c’est inscrit CARBONE sur une lame du couteau Opinel, ce n’est pas une lame entièrement en carbone.

Le chrome augmente aussi la dureté mais est surtout utile pour fournir une résistance à la corrosion et à l’usure. Le manganèse fournit une certaine élasticité, une souplesse ainsi qu’une résistance à l’usure. Le silicium pour sa part augmente également l’élasticité bien utile pour éviter que le métal casse.

Le 440C beaucoup plus dur que le 420HC contient 1,00% de carbone, mais la même quantité de chrome, de manganèse et de silicium. Toutefois, on lui ajoute 0,60% de molybdène pour augmenter sa dureté, son élasticité et sa résistance à la corrosion.

Beaucoup de couteliers du Québec qui fabriquent des couteaux entièrement à la main utilisent cet acier. Toutefois, certains le délaissent pour porter leur choix sur le 154CM.

Le 154CM américain et son jumeau asiatique le ATS34 contiennent 14% de chrome, 4% de molybdène, 1,05% de carbone, 0,4% de manganèse, 0,35% de silicium, 0,03% de phosphore et 0,025 de soufre. Le phosphore augmente sa résistance à l’oxydation et sa dureté. C’est donc un acier de grande qualité utilisé souvent par les couteliers artisans pour des couteaux spéciaux haut de gamme.

Le tungstène ajouté dans certaines lames comme les W1 et W2 donne beaucoup de dureté et de résistance mais ces lames ne sont pas en acier inoxydable et sont vendues généralement à un coût plus élevé.

Dureté des lames
La dureté des lames de couteaux est ordinairement déterminée avec l’essai de dureté Rockwell. Ce test consiste à mesurer la profondeur laissée par une pointe qui s’enfonce dans le métal quand on y applique une force de 1471,5 Newton. Sur la plupart des lames des couteaux Puma, on peut voir cette marque (un très petit trou circulaire). L’unité de mesure de dureté Rockwell pour ce genre d’essai est le HRC.

La dureté des lames en 420HC et en 440C se situe entre 56 et 59 HRC alors que le 154CM peut atteindre 60 HRC.

Traitement thermique
Pour une teneur en carbone de plus de 1% pour l’acier 440C ou le 154CM, il faut que l’acier soit chauffé à plus de 1000 °C. Par la suite, pour fixer l’organisation moléculaire de l’alliage obtenu avec les différents métaux utilisés, il faut une très rapide diminution de température. Comme nos aînés nous le déclaraient, cela devient de l’acier trempé. Différentes trempes sont possibles : dans un bain d’huile, dans l’eau salée ou tout simplement refroidi dans un courant d’air. Cette dernière peut être la plus économique mais la moins performante.

Un internaute participant au forum de discussion de Métal-Connexion déclare : « Un mauvais acier bien trempé, vaudra mieux que le meilleur des aciers mal trempés. »

En conclusion
Bien sûr ce n’est pas une étude complète sur les couteaux. Il reste tellement de choses à dire sur cette science métallurgique, l’une des plus anciennes dans l’histoire de l’homme. Bien des détails ont été omis pour ne pas trop alourdir le texte. Le but recherché est d’être mieux informés quand vous déciderez d’acheter votre premier couteau ou d’ajouter à votre collection celui dont vous rêvez depuis longtemps.

Il est fort à parier que le vendeur ne pourra même pas répondre à toutes vos questions. Vous pouvez examiner l’objet de votre choix car de plus en plus, les compagnies donnent un peu plus de détails sur le type d’acier et parfois sur sa dureté.

Références :

http://hommedesbois.fr
http://armor-peche.fr
http://metal-connexion.fr
http://fr.wikipedia.org/wiki/Coutellerie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Acier_de_Damas
http://a-couteaux-tires.zevillage.org