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La perception des mouvements

Angle de vision de l’orignal |
Il est fortement recommandé de ne pas bouger de façon brusque en présence d’un orignal, car il est beaucoup plus sensible aux mouvements que l'homme. Cela serait lié au fait que, puisqu’il est doté de rétines surdimensionnées, les objets lui apparaissent 50 % plus gros qu'ils ne le sont en réalité et les mouvements lui semblent donc plus amples. De même, son œil décompose davantage les mouvements (20 à 25 images/seconde) que l’homme (15 à 18 images/seconde). Schématiquement, le cerveau de l’orignal reçoit donc chaque seconde plus d’information de plus grande taille que l’homme. Cela lui permet de percevoir parfaitement un mouvement effectué trop rapidement et l’interpréter comme un danger potentiel, ce qui provoque la plupart du temps sa fuite ou lui fait tourner la tête en direction du danger pour l’identifier adéquatement. Cette particularité expliquerait le fait que les orignaux ne se déplacent pas beaucoup par grands vents. Comme tout bouge autour d’eux, ils sont incapables de détecter le moindre mouvement d’un prédateur potentiel. Ils préfèrent demeurer cachés et attendre que les conditions climatiques reviennent à la normale.

L’orignal est très sensible aux mouvements brusques. Puisqu’il voit les objets deux fois plus gros que l’homme et qu’il perçoit de 20 à 25 images/seconde, son cerveau décompose le moindre mouvement qu’il voit de façon saccadée telle une série de photos, comparativement à l’homme qui voit comme un film en continu. Ainsi, rien ne lui échappe.
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La lumière du jour et la noirceur
Vu la taille impressionnante de ses yeux, l’orignal est sensible à la lumière, mais son œil y est tout de même adapté. En effet, en pleine lumière la pupille de l’orignal se rétracte en formant une fente horizontale, et non un point noir, comme chez l’homme. Cette particularité lui permet de conserver tout l'angle de champ pour continuer à balayer l'horizon et voir ainsi toute menace s'avancer à contre-jour. Sa pupille s'adapte aux variations de lumière, mais moins vite que celle de l'homme. Quant à sa vision nocturne, l'orignal possède une membrane réfléchissante derrière la rétine, le tapetum lucidum, qui lui permet de capter la moindre parcelle de lumière, lui assurant une bonne vision nocturne. C’est ce processus qui fait briller les yeux du cervidé lorsqu’ils sont éclairés de nuit par une source lumineuse. Sa vision nocturne n'est pas comparable à celle d’un chat, mais elle est de loin supérieure à celle de l’homme, qui n’y voit presque rien la nuit.
Vision d’un orignal prêt à engager le combat
Avez-vous déjà été témoin du spectacle d’un orignal en situation de combat et qui avance en se balançant la tête pour impressionner son adversaire? Lorsque cela se produit, certains chasseurs disent que l'animal est tellement fâché qu'il ne voit plus clair. Est-ce vrai? Oui, en partie en ce qui a trait à sa vision binoculaire. En fait, en pareille circonstance, les muscles du bulbe de l’œil se contractent tellement que les yeux se rétractent à l’intérieur des orbites. Leur position encore plus latérale augmente alors le cône d’ombre (zone aveugle) produit en vision binoculaire. L’orignal ne voit alors plus ce qu’il y a devant lui.
Conclusion
La vision de l’orignal est fascinante. Adaptée pour percevoir rapidement toute approche d’un prédateur, peu importe son angle, elle peut par contre connaître des ratés face à un chasseur qui ne précipite pas ses mouvements. En fait, son incapacité à évaluer les reliefs et les distances lorsqu’il utilise sa vision monoculaire le rend très vulnérable, car il peut confondre bien des choses. De plus, étant donné que sa vision est beaucoup plus floue que la nôtre, un chasseur qui ne bouge pas du tout peut facilement passer inaperçu ou être confondu avec un autre orignal. Grâce à toutes ces informations, je suis convaincu que l’approche de ce gibier n’en sera qu’améliorée et que vos résultats ne pourront qu’être meilleurs.
Remerciements :
Dr. Brian Timney
Doyen, Faculté de sciences sociales
Université Western Ontario
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